Page:L’Étourdi, 1784.djvu/126

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
105
L’ÉTOURDI.


combats, & ce qu’en diſent nos galans à la mode, voltiger ſans ceſſe eſt un état au deſſus de nos forces ; l’inconſtance a beau appeller la volupté à ſon ſecours, ſes conſeils ridicules & vains n’ont plus aucun empire ſur nos ſens, ils ne font qu’aggraver nos maux, & nous les faire chérir davantage.

Toutes les femmes que j’avais rencontré dans les ſociétés, n’avoient qu’effleuré mon cœur. Hélas ! le moment où il devait être touché, mais d’une maniere ineffaçable, approchait. Le ſort ne m’avait ſans doute invité à careſſer toutes les fleurs, & à ne me repoſer ſur aucune que pour donner le temps d’éclorre à la roſe qui devait me fixer.

La coquette & l’étourdi aiment plus à être vus qu’à voir ; ils cherchent moins les ſpectacles qu’à ſe donner en ſpectacle. Ainſi avides de tous les lieux où ils peuvent ſe montrer, ils ne manquent pas d’y paraître. Le Chevalier de Serfet était venu à la derniere comédie dans la plus grande magnificence, & contre ſon uſage il n’avait pas joui du plaiſir de la promener de loge en loge. Il avait

E 5