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L’ÉTOURDI.

J’apperçois un de ſes gens entrer au cabaret, j’ordonne auſſitôt à l’Éveillé, cet adroit domeſtique, que tu connais, & que j’avais heureuſement avec moi, de le joindre & de le queſtionner. Il revient un inſtant après me dire que Madame de Preſſy était au moment de ſe faire religieuſe, lorſque ſon frere qui était Page du Roi fut tué. Devenue par cette mort l’une des plus riches héritieres de la province, elle avait depuis peu épouſé M. de Preſſy, & que le couvent d’où elle ſortait était à A **.

C’en fut aſſez pour me confirmer que c’était ma Cécile. Je vole chez moi lui écrire ce que le haſard venait de me faire découvrir, & combien je ſerais enchanté de la revoir. Elle me répond de ne pas différer plus long-temps de me rendre chez elle où elle m’attendait à dîner tête-à-tête, ſon mari étant à Verſailles.

Je ne fis languir ni mon impatience ni celle de Madame de Preſſy. Je fus bien vîte dans ſes bras, nous nous revîmes avec des tranſports qui ne peuvent ſe comprendre que par ceux qui