Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/163

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LE RUT OU LA PUDEUR ÉTEINTE


son temps pour instruire La Serre de sa visite : « Cette fille, lui dit-il, en parlant d’Amarante, est-elle passable ? Que vous en semble ? Vous en pourriez-vous accommoder ?

— Pourquoi non ? répondit-elle. Si ce n’est pas de la première beauté, du moins est-elle encore mettable, et chacun a son goût ; est-ce que vous me voulez la laisser ? » Alors Céladon s’ouvrit entièrement à elle, et afin de l’engager à servir sa retraite, il lui donna deux belles pistoles d’Espagne.

Aussitôt qu’Amarante fut de retour, La Serre, qui n’avait point d’égale en adresse, la fut embrasser en la conjurant de lui pardonner si elle ne lui avait d’abord fait toutes les caresses qu’elle devait à une personne qui allait entrer en sa famille :

— Mon cousin Céladon, lui dit-elle, me vient d’apprendre qu’il vous devait épouser en peu de temps, et ma joie est si grande d’avoir une demoiselle de votre mérite pour parente que je ne la saurais exprimer que par mes embrassades. » Les civilités régnèrent plus d’un quart d’heure de part et d’autre, et enfin Céladon, prétextant sa sortie de quelques affaires qu’il feignait avoir, laissa Amarante dans le plus fameux nid de la reine des villes.

Le jour était déjà écoulé lorsque cette f...teuse, s’étant déjà jetée sur un lit, se laissa vaincre à cette réflexion :