Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/259

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LE ZOMBI DU GRAND-PÉROU


            Avec le charme inévitable
            D’un langage doux et flatteur,
Elle vainquit mon âme et séduisit mon cœur,
            Qui n’était pas impénétrable.
            « Si tu chéris le passe-temps,
            Me dit cette adroite causeuse,
            Passons une heure bien heureuse
            Et rendons nos désirs contents. »
            Alors elle me fit caresse
            Avec un visage effronté,
            Et je fus aussitôt dompté
            Qu’elle eut témoigné sa mollesse.
            Prévoyant ce tendre conflit,
            Elle avait parfumé son lit
            De fleurs d’orange et de la Chine,
            Et nous foulâmes tant ces fleurs
            Que je fus blessé d’une épine
            Qui me causa mille douleurs.

Nous passâmes le reste de la matinée dans une joie entière et à prendre de nouvelles mesures pour faire encore le Zombi et surtout pour effrayer la mère du marquis, qui s’opposait visiblement à sa félicité et qui faisait le principal empêchement de leur mariage : car la comtesse a semé le bruit de la mort de Roland, et on montre publiquement une fausse attestation qu’elle a fait faire pour s’en servir quand les autres difficultés seront levées. Le prince étranger acheva d’entrer tout à fait dans notre confidence ; je leur fis confesser, à l’un et à l’autre, qu’ils s’étaient autrefois