Page:L’Œuvre de P.-C. Blessebois, 1921.djvu/265

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LE ZOMBI DU GRAND-PÉROU


            L’instinct qui la sait agiter
            Ouvre sa voie au devant d’elle ;
            Elle a quelque religion,
            Elle craint d’offenser le lion ;
            Mais quand la femme est infidèle
Et cherche sa perte et son trébuchement,
            Elle y vole légèrement
            Et fuit quand la raison l’appelle.

Je rencontrai le prince étranger de l’autre côté de la rivière ; je lui redis toutes ces choses comme elles s’étaient passées ; il en eut un étonnement conforme au mien et me jura qu’il n’y avait point de méchanceté dont il ne la crut capable, et que le diable avait peut-être moins d’effronterie qu’elle pour commettre un crime extraordinaire. Le lendemain nous en fûmes convaincus par une expérience qui la doit rendre redoutable à tout le monde. Nous allâmes, sur le soir, manger les têtards dont elle nous avait conviés ; mais, avant de nous mettre à table, je la priai de me montrer Margot, afin, lui disais-je, de connaître par son aspect l’état de la disposition de son original. « Ah ! ma foi, me dit-elle, Margot est toute brisée ; je ne sais qui diantre a joué avec elle, mais elle n’a pas un membre qui soit à sa place. — Voilà qui ne va pas mal, repris-je, et c’est justement ce qui me confirme dans la pensée que vous ne valez rien et ce qui me fait croire que le bruit n’est pas faux qui dit que la mère du marquis du Grand-Pérou est