Page:L’Alcoran (traduction de Du Ryer).djvu/234

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226 L’ALCORAN.  

perent les doigts au lieu de coupper leurs viandes, & Dieu ! diſoient-elles, ce n’eſt pas un homme, c’eſt un Ange : alors elle leur dit, voila celuy que j’ay aimé avec tant de paſſion, elle le ſollicita encore une autrefois de complaire à ſon deſir, & voyant qu’il ne vouloir pas condefcendre à ſa vo1onré, elle le menaça de la priſon & de le rendre miſerable : O Dieu, dit Joſeph, j’aime mieux eſtre priſonnier que de faire ce qu’elle deſire ; delivre moy de la malice, garde moy d’incliner à la lubricité, & d’eſtre au nombre des meſchans, ſon Seigneur exauça, ſa priere, il entend tout & ſçait tout ; Cette Femme voyant la reſolution de Joſeph jugea à propos de le faire mettre dans une priſon pour quelque temps, il fut mis priſonnier avec deux hommes, l’un luy dit qu’il avoit ſongé qu’il preſſoit des raiſins pour faire du vin, l’autre luy dit qu’il avoit ſongé qu’il portoit du pain ſur la teſte ou les oiſeaux mangeoient, ils luy demanderent l’interpretation de leurs ſonges, parce qu’il leur ſembloit eſtre homme de bien : Il leur dit, avant que vous deſjeuniez ſe vous expliqueray voſtre ſonge. Je vous diray premierement ce que Dieu m’a enſeigné, & comme je quitte & abandonne la loy des infidelles, & embraſſe la loy de nos Peres Abraham, lſaac & Jacob, nous ne devons pas adorer pluſieurs Dieux, ceux qui croyent en l’unité de Dieu ſont doüez de ſa grace, mais peu de gens l’en remercient. O priſonniers, qui a plus de pouvoir, ou les idoles, ou un feu ! Dieu qui eſt tout-Puiſſant ?