Page:L’Arioste - Roland furieux, trad. Reynard, 1880, volume 2.djvu/184

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parla Guidon à ses compagnons, et après les avoir engagés à agir vigoureusement, il se mit en silence à leur tête, et entra sur la place où était la population,avec une troupe de plus de cent hommes.

Guidon, pressant ses compagnons, allait droit à l’autre porte pour sortir ; mais l’immense multitude qui l’entourait toute armée, et toute prête à frapper, comprit, en le voyant suivi de tant de gens, qu’il voulait fuir. Les femmes saisirent sur-le-champ leurs arcs et vinrent s’opposer à sa sortie.

Guidon et les autres vaillants chevaliers, et par dessus tous la terrible Marphise, ne furent point lents à jouer des mains, et firent de grands efforts pour forcer les portes. Mais la quantité de flèches qui pleuvaient sur eux de toutes parts, blessant ou tuant plusieurs de leurs compagnons, leur fit redouter à la fin de n’en retirer que du dommage et de la honte.

Si les hauberts des guerriers n’avaient point été aussi parfaits, ils avaient tout à craindre. Sansonnet eut son destrier tué sous lui ; celui de Marphise resta aussi sur place. Astolphe se dit alors à lui-même : « Or, qu’attends-je,et mon cor pourra-t-il jamais m’ètre plus utile ? Je vais voir, puisque nous ne pouvons le faire par l’épée, si je saurai avec mon cor ouvrir une voie sûre. »

Alors, comme il a l’habitude de faire dans les périls extrêmes, il porte le cor à sa bouche. Il semble que la terre et tout l’univers tremblent lorsque l’horrible son vient à frapper l’air. La terreur s’empare tellement du cœur de la foule,