Page:La Boétie - Œuvres complètes Bonnefon 1892.djvu/121

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36 ' ESTIENNE DE LA BOÉTIE deaus, des tauernes & ieux publics, & feit publier vne ordonnance que les habitans euffent à en faire eitat. Il fe trouua fi bien de celte garnifon que iamais depuis contre les Lydiens ne fallut tirer vn coup d’efpee. Ces pauures & miferables gens ûamuferent 5 à inuenter toutes fortes de ieus, fi bien que les Latins en ont tiré leur mot, & ce que nous appellons paye- temps, ils l’appellent Lvnr, comme fils vouloient dire LYD1. Tous les tirans n’ont pas ainfi declaré expres qu’ils vouliiffent eiïeminer leurs gens; mais, lO pour vrai, ce que celui ordonna formelement & en etïeëc, fous main ils l’ont pourchaffé la plus part. A la verité, c’eft le naturel du menu populaire, duquel le nombre elt touûours plus grandlldedans les villes, qu’il eit foubçonneus à l’endroit de celui qui l’aime, i5 & iimple enuers celui qui le trompe. Ne penfes pas qu’il y ait nul oifeau qui fe prenne mieulx à la pipee, ni poiiïon aucun qui, pour la friandife du ver, Paccroche plus toit dans le haim que tous les peuples Dalefchent viftement à la feruitude, par la moindre zo plume qu’on leur paffe, comme l’on dit, deuant la bouche; & c’eit chofe merueilleufe qu’ils fe laiffent aller ainfi toft, mais feulement qu’on les chatouille. Les theatres, les ieus, les farces, les fpeétacles, les 2 gladiateurs, les belles eftranges, les medailles, les 25 VARIANTES 2. « cefle ordonnance ». 8. «Ludi, comme Fils vouloient 3. «qu`il ne lui fallut iamais dire Lydi». depuis tirer vn coup d‘cpce contre io. «ii expres ». les Lydiens». _ 1o. «leurs hommes ». 5. « Ces pauures gens mifera- 11. cccelui là ». bles ». 14. « dans les villes. Il efi foufpe- 6. « les Latins om». çonneuxuo.