Page:La Chanson de la croisade contre les Albigeois, 1875, tome 2.djvu/431

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cher seigneur, entrez à Toulouse, car n’y mettriez-vous que ces barons armés, que vous ne trouveriez homme qui vous résistât. [5780] Celui qui court le monde, en quête de dons, sollicitant les bontés d’autrui, mieux lui vaudrait la mort ou n’être jamais né [1]. — Barons, » dit le comte, « Dieu soit loué de ce que je trouve vos cœurs fidèles et purs. Je vous vois désireux d’entrer dans Toulouse : [5785] allons donc la recevoir, puis c’est votre avis à tous. »

Ainsi fut conduite et conclue la délibération, et par suite le feu s’allume et la clarté resplendit ; car le comte puissant chevauche rapidement, droit vers Toulouse, par monts et vallées : [5790] traversant les combes et les grands bois sombres, il vint à la Garonne et la traversa [2]. Rogier Bernart, qui s’est porté en avant des autres, chevauche avec une faible troupe des hommes les mieux montés, avec trois autres Rogiers [3], gonfanons déployés, [5795] et s’en va droit vers la Salvetat [4], et se rencontre avec Joris [5].

  1. Des idées analogues ont déjà été exprimées v. 3625 et 3710.
  2. Parti vraisemblablement de Saint-Lizier, l’ancienne capitale du Couserans (la terre de Rogier de Comminges, voy. p. 295 n. 1), le comte de Toulouse et les siens auraient pu, en faisant un détour vers l’ouest, trouver dans la vallée du Salat un chemin assez facile. Ils préférèrent aller en droite ligne par les montagnes et durent traverser la Garonne à Muret ou un peu plus bas, p.-ê. à Pinsaguel. À quelques kilomètres de là, sur la rive gauche se trouve un lieu appelé la Salvetat.
  3. Probablement Rogier de Comminges, Rogier de Montaut et Rogier d’Aspet (5801).
  4. Il existe un lieu de ce nom dans l’arr. de Toulouse, cant. de Leguevin ; une autre Salvetat, cant. de Caraman, n’est pas dans la direction indiquée. Toutefois, il est bien possible qu’ici il soit question d’une partie de la banlieue de Toulouse, connue en ce temps sous le nom de Salvetat ; voy. Catel, Comtes de Tolose, p. 194.
  5. Quoique du parti des croisés, ce Joris devait être méridional,