Page:La Fin d'une légende, ou la Vérité sur l'Arabe, par un vieil Algérien (1892).pdf/22

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les femmes, les malins se faisaient payer, et il était de ceux-là.

Citons encore un autre fait absolument exact et tout aussi instructif.

A C., grande ville algérienne que nous habitions alors, nous assistions en hiver tous les mercredis, aux soirées d’hommes données par le général P… On y jouait un jeu modéré. Aimant assez à risquer quelques louis et jouissant d’une fortune qui nous permettait cette folle débauche, nous suivions régulièrement les parties.

Un jour, ou plutôt un soir, ayant à régler les pertes, il manqua de notre côté une somme de dix francs qui fut payée par les perdants et remise à l’intéressé. La veine ayant tourné, notre côté gagna et nos partenaires constatèrent la même erreur. Cet étrange incident s’étant plusieurs fois renouvelé, nous invitâmes un capitaine de nos amis à prendre discrètement le nom des parieurs et le chiffre des enjeux — ce qui fut fait — Le coup terminé, un lieutenant indigène s’adressa au côté gagnant et réclama dix francs. Nous lui fîmes observer qu’il n’avait rien joué ; il voulut insister, mais un mot glissé à son oreille par notre ami le fit disparaître sans autre protestation.

Ici encore, les commentaires sont superflus.

Cet officier était resté arabe.