Page:La Fin d'une légende, ou la Vérité sur l'Arabe, par un vieil Algérien (1892).pdf/25

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Quand on connaît à fond ces gens-là, on est écœuré en songeant à ces exhibitions de chefs couverts d’oripeaux trahies à Paris dans les ministères, aux courses, au bois et même chez le chef de l’Etat. Personne ne se doute que ces farceurs décorés et dorés sur tranche sont les êtres à quelques rares exceptions près, les plus tarés du globe.

On leur a laissé croire qu’ils étaient des personnages, ils en sont maintenant absolument convaincus, ce qui explique du reste le profond mépris qu’ils professent à l’égard du travailleur français ou européen.

Ils ont, en outre, pendant quarante ans, appris des bureaux arabes à dédaigner souverainement le civil et l’ouvrier ; ils ont pu lire les comptes-rendus de nos chambres, lecture édifiante où l’on voit tour à tour les députés et sénateurs dauber sans pitié leurs compatriotes des colonies ; accuser ceux-ci de tous les crimes pour porter au pinacle les indigènes des dites colonies. Que l’on s’étonne après cela, si l’administration de tels individus est pénible !

Aujourd’hui, le mal est fait, le chef indigène est convaincu de sa valeur et de sa noblesse ; son outrecuidance n’a plus de limites. Nous allons au moyen d’une toute petite histoire, absolument authentique, dont les personnages sont encore vivants, donner un aperçu de la vanité, du charla-