Page:La Fontaine - Œuvres complètes - Tome 3.djvu/66

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estoit en parlant de son mary : elle n’en parloit qu’en nestant, estant trop bien ne et trop ieune pour pouvolt mentit avec assurance’. Ses sœurs faisoient leur profit de tout. L’envie leur ouvrok les yeux : c’est un demon qui ne laisse rien chaper, et qui tire conseouence de toutes choses, aussi bien que la ialousie. 3.u bout deshuit iours, Psich congedia ses aisne .avec. force dons et prieres de revenir : Ou’on ne les termt plus attendre comme on avoit fait ; qu’elle tascheroit d’obtenir de son mary que les Dragons fussent enchaisnez : qu’aussi-tost cju’elles seroient arrives au pied du tocher, on les enleveroit au sommet, soit le Zephire en personne, soit son haleine : elles n’auroient qu’/t s’ ’ abandonner dans les airs. Les presens q. ue leur fit Psich furent des essences et des pierreties, force raretez /t leurs mar/s, toutes sortes de jotiets . [eurs enfans ; quant aux pers0nnes dont la B.elle tenoit le iour, deux fioles d’un elixir capable de rajeunir la vieillesse mesme


Les deux sœurs parties, et le mary revenu, Psiché ! uy cont.a tout ce qui s’estoit passe, et le receut avec les caresses que l’absence a coustume de produire entre nouveaux mariez ; si bien que le Monstre, ne trouvant pas l’amour de sa femme diminure ny sa curiosité accrue, se reit en I’esprit qu’en vain il craignoit ces soeurs, et se laissa tellement persuader, qu’il agréa leurs visites, et donna les mains à tout ce que voulut sa femme sur ce sujet.

Les sœurs ne trouverent pas/t propos de reveler ces merveilles : c’eust est co’ntribu’er e’lles mesmes/t ’la gloire de leur cadete. Elles dirent que leur vo ? age avoit est inutile, qu’elles n’avoient point veu Psyche, mais [tu’elles esperoient la voit par le moyen d’un jeune homme appell Zephire, qui tournoit sans cesse /t l’entour du roc, et qu’elles gagneroient -infailliblement, pourveu qu’elles s’en voulussent donner la peine.

Quand elles estoient seules et qu’on ne pouvoit les