Page:La Fontaine - Œuvres complètes - Tome 3.djvu/67

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LIVRE PREMIER. 6 3 entendre, elles se plaignoient l’une i l’autre de la felicit de leur soeur. S son mary, dso,t I une est aissi bien fait qu’il est riche, nostre cadere se peut anter que l’{pouse de.lupiter n’est pas siMureuse qu’elle. Pourquoy le Sort luy a-t-il donn taut d’avanrage sur nous ? Meritions-nous moins que cette jeune tourdie ? et n’avions-nous pas autant de beaut et plus d’esprit qu’elle ? .le voudrois que vous sce.uss ! .ez, disok l’autre quelle sorte de mary i’ay. pous ? ; 11 a toniours une douzame de medecins t l’entour de sa personne. Ie-ne say cornroe il ne les fait point coucher avec luy : car, pour me faire cet honneur, cela ne luy arrive que raremerit, et par des considerations d’Estat ; encore faut-il qu’Esculap le luy consei ! le. Ma condition, continuoit la premiere est pire que tout cela ; car non seulement mort mary me prive des caress : .i ; qui me.sont deui ! s, mais il en fait art . d’autres personnes. Si vostre poux a une ouzaine de Medecins t l’entour de luy, ie puis dire que le mien a deux fois autant de maistresses qui toutes, graces/t Lucine, out le don de. fecondit& La famille royale ’est fantost si ample, qu’il y auroit de .quoy faire une colonie trs-considerable. C’est ainsi que nos envieuses se confirmoient dans leur m&ontentement et dans leur dessein. Un mois es}oit i.peine &out qu’elles proposerent un secqnd voyage. Les patens l’approuve_nt.fort ; les.marls ne le d,esapprouverent pas : c estot autant tie temps passe sans Ieurs femmes. Elles partent d’onc hissent leto- train /t l’entr& du bois, a’rrivent au pied du tocher sans ’obstacle et sans dragons. Le Zephire ne parut po.mt et ne laissa pas de les ertlever. Ce roeschant couI)le amenoit avec luy La curieuse et mtserable envie,

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Pasle Demon, que le bon-heur d autr y Nourrit de fid et de melancolie. Cela ne les rendit pas plus pesantes ; au contraire,