Page:La Fontaine - Fables choisies, Barbin 1692, tome 3.djvu/88

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Tous les deux ont raiſon ; & la Philoſophie
Dit vray, quand elle dit, que les ſens tromperont
Tant que ſur leur rapport les hommes jugeront ;
Mais auſſi ſi l’on rectifie
L’image de l’objet ſur ſon éloignement,
Sur le milieu qui l’environne,
Sur l’organe, & ſur l’inſtrument,
Les ſens ne tromperont perſonne.
La nature ordonna ces choſes ſagement :
J’en diray quelque jour les raiſons amplement.
J’apperçois le Soleil ; quelle en eſt la figure ?
Icy-bas ce grand corps n’a que trois pieds de tour :
Mais ſi je le voyois là-haut dans ſon ſejour,
Que ſeroit-ce à mes yeux que l’œil de la nature ?
Sa diſtance me fait juger de ſa grandeur ;