Page:La Harpe - Abrégé de l’histoire générale des voyages, tome 6.djvu/179

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soin est de veiller au maintien de l’ordre.

La juridiction du cadi ne s’étend guère au-delà des matières de religion, des divorces et des autres difficultés qui regardent le mariage. Au reste, il n’appartient ni à l’un ni à l’autre de ces deux juges subalternes de prononcer des sentences de mort sans avoir fait leur rapport à l’empereur ou aux vice-rois des provinces ; et suivant les statuts d’Akbar, ces juges suprêmes doivent avoir approuvé trois fois, à trois jours différens, l’arrêt de condamnation avant qu’on l’exécute.

Quoique diverses explications répandues dans les articles précédens aient déjà pu faire prendre quelque idée de la majestueuse forme de cette justice impériale, on croit devoir en rassembler ici tous les traits, d’après un peintre exact et fidèle.

Après avoir décrit divers appartemens, on vient, dit-il, à l’amkas, qui m’a semblé quelque chose de royal. C’est une grande cour carrée, avec des arcades qui ressemblent assez à celles de la place Royale de Paris, excepté qu’il n’y a point de bâtimens au-dessus, et qu’elles sont séparées les unes des autres par une muraille ; de sorte néanmoins qu’il y a une petite porte pour passer de l’une à l’autre. Sur la grande porte, qui est au milieu d’un des côtés de cette place, on voit un divan, tout couvert du côté de la cour, qu’on nomme nagarkanay, parce que c’est le lieu où sont les trompettes, ou plutôt les hautbois et les timbales