Page:La Harpe - Abrégé de l’histoire générale des voyages, tome 6.djvu/345

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gardent comme une disgrâce de la nature ; ils aiment un front large et plat ; et pour lui donner cette forme, ils appliquent aux enfans, dès le moment de leur naissance, une plaque de plomb sur le front. Leurs narines sont larges et ouvertes, leurs yeux petits, mais vifs, et leurs oreilles pendantes jusqu’aux épaules, comme celles des Malabares. La couleur qu’ils préfèrent à toutes les autres, dans leurs habits et leurs meubles, est le pourpre foncé.

Les édifices qui portent le nom de pagodes sont bâtis en forme de pyramide ou de clocher, plus ou moins élevés, suivant le caprice des fondateurs. En hiver, on a soin de couvrir les idoles pour les garantir du froid ; dans l’espérance d’être un jour récompensé de cette attention. On célèbre chaque année une fête qui porte le nom de Sansaporan, avec une procession solennelle à l’honneur de l’idole Quiay-Pora, qu’on promène dans un grand chariot, suivi de quatre-vingt-dix prêtres vêtus d’un satin jaune. Dans son passage, les plus dévots s’étendent le long du chemin pour laisser passer sur eux le chariot qui la porte, ou se piquent à des pointes de fer qu’on y attache exprès pour arroser l’idole de leur sang. Ceux qui ont moins de courage s’estiment heureux de recevoir quelques gouttes de ce sang. Les pointes sont retirées avec beaucoup de respect par les prêtres, qui les conservent précieusement dans les temples, comme autant de reliques sacrées.