Page:La Harpe - Abrégé de l’histoire générale des voyages, tome 6.djvu/346

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Le roi d’Arakan est un des plus puissans princes de l’Orient. Le gouvernement est entre les mains de douze princes qui portent le titre de roi, et qui résident dans les villes capitales de chaque province ; ils y habitent de magnifiques palais, qui ont été bâtis pour le roi même, et qui contiennent de grands sérails où l’on élève les jeunes filles qu’on destine au souverain. Chaque gouverneur choisit tous les ans douze filles nées la même année dans l’étendue de sa juridiction, et les fait élever aux dépens du roi jusqu’à l’âge de douze ans. Ensuite, étant conduites à la cour, on les fait revêtir d’une robe de coton, avec laquelle elles sont exposées à l’ardeur du soleil jusqu’à ce que la sueur ait pénétré leurs robes. Le monarque, à qui l’on porte les robes, les sent l’une après l’autre, et retient pour son lit les filles dont la sueur n’a rien qui lui déplaise, dans l’opinion qu’elles sont d’une constitution plus saine. Il donne les autres aux officiers de sa cour.

Le roi d’Arakan prend des titres fastueux, comme tous les monarques voisins. Il se fait nommer Paxda, ou empereur d’Arakan possesseur de l’éléphant blanc et des deux pendans d’oreilles, et en vertu de cette possession, héritier légitime du Pégou et de Brama, seigneur des douze provinces de Bengale et des douze rois qui mettent leur tête sous la plante de ses pieds. Sa résidence ordinaire est dans la ville d’Arakan ; mais il emploie deux