Page:La Landelle - Le Dernier des flibustiers, Haton, 1884.djvu/249

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ami pour aller mendier l’appui de l’Europe indifférente, où cent ennemis acharnés, où mille obstacles inconnus anéantiraient ses efforts.

— Le sort en est jeté ! dit-il enfin avec force. Je vais !… je veux !… Il faut !

Une mélancolie poignante emplissait l’âme altière du dernier des flibustiers, roi des rois de Madagascar.

XVIII

ESCAMOTAGE du FORT-DAUPHIN


Leurs Majestés Capricorne Ier, roi du Midi, et Fleur-Perçante, sa valeureuse épouse, s’en allaient chevauchant au son du tambour du gamin de Paris Guy-Mauve Gobe-l’As.

Les frères de Râ-amini par la Fattiarah : Dian Tsérouge, rohandrian de Manambaro et père de la reine Dian Rassamb, anacandrian de Fanshère, Dian Salao, oadziri d’Imahal, Fatara de Tolongare, vingt autres chefs de la province d’Anossi et de la vallée d’Amboule formaient un cortège princier au royal aventurier gascon, que suivait une petite armée de soldats français à cocardes bleues, d’indigènes olivâtres, mulâtres ou noirs, et enfin de Mozambiques disciplinés, plus fanatiques, s’il est possible, que les Malgaches eux-mêmes.

— Du calme ! Capricorne !… du calme ! mordious ! sandious ! cadédious ! mille cornemuses de Cornouaille !… Du calme ! se répétait Sa Majesté tout le long de la route. Du calme ! de la dignité sauvage ! de la sagesse pour cinq cent