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dès le début des temps pliocènes. Elles affectent, avec des variations secondaires et des nuances plus ou moins prononcées, les mêmes caractères que de nos jours ; on les distingue sans trop de peine au milieu de la foule des espèces perdues ou émigrées qui les entoure ; elles sont, on peut le dire, aux formes actuelles ce que sont, les unes vis-à-vis des autres, les variétés et les races locales que comprennent souvent celles-ci ; mais surtout ces espèces européennes primitives, destinées à ne plus quitter notre sol, se tiennent visiblement à l’écart ; elles hantent de préférence les montagnes, et enfin elles se rattachent presque toujours par quelque côté, parfois même d’une façon intime, à des espèces antérieures, nettement miocènes, qu’elles prolongent, pour ainsi dire, tendant à les remplacer.

La Nature - 1878 - S1 - p293 - Les périodes végétales de l’époque tertiaire - Fig. 4.png
Fig. 4. — Espèces caractéristiques du pliocène récent d’Auvergne et d’Italie.
1. Quercus Mirbeckii antiqua, Sap. (Auvergne). — 2. Quercus Lamottii, Sap. (Auvergne). — 3. Quercus roburoides, Gaud. (Massa-Maritima). — 4. Quercus ilex, L. (Lipari). — 5. Fagus sylvatica, L. (Val d’Arno sup.). — 6. Viburnum tinus, L. (Travertins toscans). — 7. Vitis vinifera (Travertins d’Era). — 8. Mespilus pyracantha, L. (Travertins toscans).
La Nature - 1878 - S1 - p293 - Les périodes végétales de l’époque tertiaire - Fig. 5.png
Fig. 5. Espèces caractéristiques de l’âge de l’Elephas meridionalis dans le midi de la France.
1. Pinus Paroliniana, Garr., cône (Saint-Martial, Hérault). — 2-3. Quercus Farnetto, Ten. — 4-5. Quercus lusitanica, Webb. — 6. Parrotia pristina, Ett.

Le lien continu qui joint le Planera Ungeri, Ett., au Planera pliocène, et celui-ci au Planera crenata du Caucase, ne montre nulle part ni interruption ni suture, et cependant le Planera Ungeri du miocène inférieur diffère réellement de l’Orme de Sibérie actuel. Les deux extrêmes se distinguent, mais ils se rejoignent par des intermédiaires. Il en est ainsi de beaucoup d’espèces et en particulier de celles dont on retrouve les termes successifs ; ces termes conduisent insensiblement d’un type antérieur aujourd’hui perdu vers celui qui, tout en le modifiant, est cependant parvenu jusqu’à nous. Ce serait là l’histoire de toutes les espèces végétales, si elle pouvait être déchiffrée dans ses moindres détails. Les lacunes seules nous arrêtent et nous condamnent forcément à des inductions, appuyées pour-