Page:La Révolution française et l'abolition de l'esclavage, t1.djvu/75

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la néceſſité de prohiber n’eſt pas évidemment démontrée, on doit laiſſer ſubſiſter la tolérance & la liberté.

En fait de Commerce, de finances ou de manufactures, ceux qui ſoutiennent le ſyſtême de la liberté n’ont point de preuves à fournir, parce que c’eſt l’état naturel des choſes ; c’eſt à ceux qui demandent le monopole ou le privilège, à démontrer que des raifons d’état le rendent indiſpenſable ; car les privilèges ſont odieux en eux-mêmes ; il eſt de la ſageſſe du Gouvernement de les reſteindre toujours, ſans jamais les étendre.

Qu’eſt-il reſult’ du Commerce excluſif de nos Iles en faveur des Négocians du Royaume ? L’abandon de toute autre eſpèce de navigation, l’aſſaibliſſement & la diminution de la race des Matelots. Ce Commerce eft devenu lucratif ; mais la culture à été retardée : la fertilité des terres, l’intelligence, l’activité des Cultivateurs, des capitaux tranſportés ſur ces terres fécondes, de toutes les parties de l’Europe, ont à peine pu ſuffire à balancer les pertes & les préjudices qui réſultaient de ces lois barbares.

Sans ceſſe il a fallu les ſuſpendre pour éviter la ruine des établiſſemens. Or rien ne