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juſtice ; car ce n’eſt que par la juſtice que l’on peut influer ſur les réſolutions. Mais les colons blancs ſont tous nés de père & mère libres : demander la même condition aux hommes d’une autre couleur pour jouir des droits de citoyen actif, ce n’eſt que maintenir une égalité conſlitutionnelle & légitime.

Les citoyens de la claſſe intermédiaire ne ſont donc point léſés ; & quant aux colons, un moment de réflexion paiſible ſuffîra pour leur faire comprendre à quel point il étoit important que l’Aſſemblée Nationale leur attachât, par un intérêt commun, tous les citoyens libres, nés de père & mère libres. En reconnoiſſant chez ceux-ci, comme elle l’avoit déjà fait, les droits que leur donnent la nature & la ſociété, elle a créé dans les Colonies la puiſſance la plus propre à réſiſter & aux troubles intérieurs, & aux attaques de l’ennemi.

L’Aſſemblée Nationale a pris encore une autre précaution, bien propre à prévenir toute agitation dans les Colonies, c’eſt d’établir un délai entre la promulgation de la loi qu’elle devoit à la patrie & à l’humanité, & la première occaſion d’appliquer cette loi. Le Corps légiſlatif a confirmé les aſſemblées coloniales actuellement exiſtantes, & leur a continué l’exercice du droit d’initiative accordé aux Colonies, quoique ces aſſemblées n’ayent pas été élues par la totalité des citoyens libres, nés de père & mère libres, de ſorte qu’ils n’auront tous à concourir qu’aux aſſemblées primaires qui ſe tiendront pour les élections qui ſe feront à l’avenir, dont les règles locales pour les Colonies ne ſont pas encore décrétées, & auxquelles même s’étend leur droit d’initiative.

Pendant cet intervalle, les préjugés auront le temps de