Page:La Revue de Paris 1907 tome6.djvu/350

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le premier, au lieu de se porter sur la droite, c’est-à-dire du côté menacé, obliqua vers la plage et dut être redressé. Arrivé à la distance indiquée par ses premières instructions, le colonel Blanc, n’ayant pas aperçu l’ennemi, s’arrêta et demanda de nouveaux ordres. Il lui fut enjoint de continuer sa marche sur Sidi-Moumen.

A peine ce mouvement était-il entamé que les Marocains apparurent, dans la direction a la fois du front et du flanc droit. L’artillerie se mit aussitôt en batterie et ouvrit un feu assez peu efficace, en raison des objectifs insuffisants qui se présentaient : les Chaouïa, fidèles à leur tactique, restaient éparpillés et dissimulaient leurs mouvements derrière les replis du sol. Le carré fut obligé de s’immobiliser tant que l’artillerie continua son tir. Puis il se remit en marche, par bonds, jusqu’à la crête de Sidi-Moumen, les pièces reprenant le feu à chaque arrêt. Les progrès ne purent être que très lents et la lourdeur de cette marche montra dès le début aux Marocains qu’ils n’avaient à craindre aucun mouvement offensif ; ils en profitèrent pour envoyer des partis importants entre la plage et la colonne, et bientôt le carré se trouva attaqué sur trois de ses faces. L’ennemi continuait de tirailler à l'abri des crêtes, entretenant un feu nourri sur les faces, où nos hommes, quoique placés à un intervalle de trois pas, fournissaient un objectif assez visible, d’autant plus que leur formation rigide privait certaines parties de la ligne de toute possibilité de se couvrir. A l’intérieur, les pièces, les attelages et l’état-major formaient des groupes encore beaucoup plus vulnérables. Le commandant Provost fut tué au milieu du carré et il y a lieu de se féliciter que les pertes n’aient pas été plus importantes.

Cependant le carré du colonel Brulard était, à son tour, attaqué sur son flanc droit et ses derrières, par des contingents nouveaux ; il s’était enfin placé en échelon débordant à droite ; mais, après avoir rectifié sa position, il se trouvait fort éloigné du carré de tête. L’itinéraire qu’il suivait longeait à courte distance une crête d’où les Marocains pouvaient exécuter un tir plongeant sur nos hommes. Pour faire cesser cette mousqueterie, il fallut détacher de ce côté la compagnie de tirailleurs du capitaine Dérigoin qui constituait la face droite du carré. Cette compagnie s’empara sans difficulté de la hau-