Page:La Revue de Paris 1907 tome6.djvu/352

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jusque-là, mais qui subit en se rabattant sur le carré des pertes sérieuses.

Au lieu de se diriger à vive allure vers le camp avec l’un des détachements au moins, on continua à se retirer lentement, par bonds d’échelon, ce qui donna à l’ennemi tout le temps de se dégager. Heureusement, se croyant hors de portée, les Marocains venus de Taddert se groupèrent pour retourner vers leur campement ; une des batteries de 75 put ouvrir un feu d’efficacité et leur tua beaucoup de monde. Auparavant ceux que notre immobilité avait encouragés à trop s’approcher de nos lignes ou à se mouvoir sans s’abriter suffisamment, avaient également été fort maltraités par le tir de l’infanterie.

L’ennemi avait donc été sérieusement éprouvé au cours de ce combat de Sidi-Moumen. Son audace et son agressivité en furent diminuées ; il se rendit compte qu’il ne lui était pas possible, comme il avait pu l’espérer jusque-là, de jeter les Français à la mer et de courir à un second pillage. Pourtant notre supériorité ne s’était pas affirmée d’une manière suffisante pour obliger les Chaouïa à se soumettre ; l’écrasement de l’adversaire, qu’on recherchait, n’avait pas été obtenu. L’insuffisance de ce résultat était due en partie à l'habile tactique des Arabes, mais plus encore aux nombreuses erreurs commises par nous.

La première a été d’entreprendre ces sorties avec des effectifs trop faibles. Alors que le corps expéditionnaire comptait quatre bataillons, on n’employa que quatre compagnies le 28 août, cinq le 1er septembre et huit le 3. On laissait donc toujours au moins la moitié de l’infanterie pour défendre le camp, qu’une garnison bien inférieure eût suffi à protéger. Lorsque le 3 septembre, en effet, de forts contingents marocains, profitant de l’absence de la colonne de sortie, prirent l’offensive contre la crête de surveillance, on n’envoya que trois compagnies et deux pièces de montagne pour les arrêter. L’issue de ce petit combat ne fut jamais douteuse, grâce à la solide position occupée par les Français qui ne perdirent sur ce point qu’un seul officier et empêchèrent l’ennemi de s’avancer à moins de 1 000 mètres de leur ligne : seuls, une vingtaine de cavaliers chaouïa essayèrent d’engager le combat à courte dis-