Page:La Revue de Paris 1907 tome6.djvu/364

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été difficile à coordonner sans nuire à la rapidité de leur allure.

Casablanca devait donc rester la base unique de la petite expédition contre les Chaouïa. Comme au cours de cette opération on ne pouvait compter maintenir les communications avec la ville, la première mesure à prendre consistait à fractionner le corps de débarquement en trois échelons. Le premier de 4 compagnies, appuyé par quelques mitrailleuses et des pièces de montagne, devait assurer, avec le concours du contingent espagnol et de l’escadre, la sécurité de la ville ; le second, également d’un bataillon, aurait formé la garde du convoi de la colonne ; enfin pour le troisième échelon, destiné à former le corps d’opération proprement dit, capable de marcher rapidement sans rester en contact constant avec les bagages, on eût disposé de 4 bataillons, de 2 régiments de cavalerie et de l’artillerie de campagne.

L’expédition devait commencer par l’enlèvement simultané des deux camps principaux de l’ennemi, ceux de Taddert et de Titmellil, en fractionnant l’échelon mobile en deux détachements d’égale force et en procédant comme on a fait le 11 et le 21 septembre, mais avec moins d’hésitation. Le convoi devait suivre la colonne de Taddert qui eût bivouaqué près de la source de l’Oued Bou Zkoura, tandis que la colonne de Titmellil se serait avancée jusqu’à la Kasba Médiouna pour y passer la nuit. Le lendemain les deux colonnes, séparées de moins de 15 kilomètres, auraient convergé sur Dar-Ber-Rechid, puis, le jour suivant, atteint Settat par une marche d’une trentaine de kilomètres. Au cours de ces opérations, les troupes devaient mettre le feu aux provisions de grains dans les silos, détruire les maisons évacuées et les villages vides, tandis que la cavalerie eût donné la chasse à tous les convois qu’elle pouvait atteindre sans trop s’écarter de la direction suivie. Les opérations ultérieures dépendraient des circonstances et seraient réglées d’après les renseignements recueillis jusque-là. Il est plus que probable que, dès son arrivée à Settat, le corps expéditionnaire aurait vu toutes les tribus chaouïa se soumettre ; si certaines d’entre elles avaient continué la résistance, il fallait opérer contre elles de la même manière et rentrer ensuite à Casablanca après une absence totale d’une quinzaine de jours au plus.