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LES HEUREUX DU MONDE



IX


Dans la jeunesse de Mrs. Peniston, la mode était de rentrer en ville au mois d’octobre : aussi, le 10 octobre, les stores de sa résidence, bâtie sur la Cinquième Avenue, se relevèrent, et les yeux du Gladiateur Mourant, qui se dressait en bronze dans la fenêtre du salon, recommencèrent d’inspecter la chaussée déserte.

La première quinzaine après le retour représentait pour Mrs. Peniston l’équivalent domestique d’une retraite religieuse. Elle passait en revue le linge et les couvertures dans l’esprit scrupuleux du pécheur qui explore les replis les plus intimes de sa conscience ; elle recherchait les mites comme l’âme affligée recherche ses infirmités cachées. Les planches les plus inaccessibles de chaque placard étaient contraintes de livrer leur secret, la cave et la fosse au charbon étaient scrutées jusqu’en leurs dernières profondeurs, et, suprême épisode des rites lustraux, la maison tout entière était emmaillotée de toiles d’un blanc pénitentiel et inondée d’eau de savon expiatoire.

Ce fut durant cette phase des opérations que miss Bart revint, l’après-midi du mariage Van Osburgh. Le retour n’avait