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LES ALLEMANDS


DANS L’AFRIQUE DU SUD[1]


L’insurrection fournit aux colons l'occasion d’une revanche sur le gouvernement. En Allemagne l’opinion publique, devenue nerveuse aux nouvelles répétées d’assassinats de fermiers, condamna brusquement la douceur qu’elle exigeait la veille des fonctionnaires. Le gouverneur Leutwein, qui avait reçu mission d’appliquer une politique d’ententes et d’amitiés, devint le bouc émissaire des coloniaux ardents ; on lui reprocha violemment son humanitairerie (Oberhumanitat), Il fallut sacrifier et le système et l’homme qui le représentait : en mai 1904 on enleva le commandement des troupes à Leutwein pour le confier au général de Trotha.

Le système n’a peut-être échoué que parce que l’Allemagne a lésiné au début sur les crédits de la colonie. La force militaire qu’elle entretenait sûr place n’était pas capable d’assurer partout à la fois le respect du nom allemand. Les indigènes ont été encouragés par la faiblesse des effectifs stationnés dans le pays. Ils pouvaient estimer exactement la valeur de la troupe allemande ; les uns ou les autres avaient fait campagne avec elle

  1. Voir la Revue du 15 février 1908.