Page:La Revue de Paris 1908 tome2.djvu/458

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entreprendre : je lui confie ma cause ; je le remercie d’avance de se charger de la défendre ; elle pourra paraître mauvaise à bien du monde !


Jetée sur la scène du monde, dans d’exceptionnelles circonstances historiques, ma grand’mère a voulu expliquer elle-même sa destinée. Fille du dernier duc régnant de Courlande, elle fut exilée de sa patrie avant même d’avoir vu le jour. Elle naquit à Berlin en 1796, à la veille du dernier partage de la Pologne. La famille royale de Prusse entoura son berceau de beaucoup de sollicitude et dès sa naissance se formèrent dans son cœur les liens profonds qui la retinrent toujours attachée au pays où elle avait trouvé un asile et d’illustres amitiés fidèles.

Elle grandit pendant qu’on bouleversait l’Europe et, la diplomatie l’ayant mariée au neveu du plus fameux diplomate de son temps, elle devint française en quelque sorte par voie de conquête impériale.

Il ne sera peut-être pas sans intérêt de voir la répercussion de cette succession inouïe d’événements sur une femme que la nature avait faite pour en sentir tout le drame et que sa naissance avait placée pour les bien voir et s’y trouver mêlée quelquefois.

COMTESSE JEAN DE CASTELLANE