Page:La Revue de Paris 1908 tome2.djvu/782

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774 LA REVUE DE PARIS sciente, sur ses genoux, pour aller rejoindre l’autre, presque expirante peut-être, aimée encore. Et pour toutes deux son cœur se déchirait. Un coup discret fut frappé à la porte, une voix dit : — 11 est temps que monsieur parte pour la gare. Louise tressaillit, se suspendit en sanglotant au cou de son ami, et tout son pauvre être, secoué jusqu’en ses racines, criait son désespoir. Dans un dernier spasme, de nouveau elle s’évanouit. Alors, pieusemement, Jacques la porta sur un divan, lui baisa le front. Et, le visage baigné de larmes, il sortit. — Mon ami, — dit-il à Robert qui l’attendait, — ne m’accompagnez pas, restez auprès d’elle. Et, embrassant son élève : — Je vous la confie! — dit-il. Vers minuit, Robert ramena Louise encore défaillante. Dans la nuit claire, la lune, sous les nuages, jetait comme en une chambre de malade des lueurs de veilleuse. PHILIPPE LAUTREY {La fin au prochain numéro.)