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SAPHO, DOMPTEUSE

lèvres aux siennes, et il fermait les yeux sous l’affolement subit des sens.

— Viens, disait-elle, il ne faut pas faire de peine à Mirah.

Ils disparaissaient sous les branches, fuyant le regard métallique de la panthère, dont le rugissement irrité fouettait leur désir.

Le corps souple et fort de Sapho se collait à Christian il sentait ses genoux, ses flancs, ses seins. Son souffle, qu’il buvait, le brûlait comme un jet de flamme, et ils s’écroulaient dans les fleurs, tandis que montait plus haut la plainte angoissée de la bête.

Le jeune homme tenait sa maîtresse, écrasée contre sa poitrine, s’affolait à la morsure de ses baisers, et rien n’existait plus de ce qui n’était pas leur tendresse.

— C’est pour me donner que je t’ai pris, répétait Sapho. Tu sais bien que je suis à toi, tout entière et à tout jamais !… Tu es mon amant, mon maître, celui que je veux adorer à genoux !… Tu m’as emmenée pour te guérir, te consoler, et je reste à tes pieds dans une humble soumission. Depuis que je me suis éveillée