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SAPHO, DOMPTEUSE

blait ses sens, le comblait de savantes caresses dont, déjà, il ne pouvait plus se passer.

Il fermait les yeux pour ne plus la voir ; mais il la sentait là, toujours, elle lui tendait les bras dans l’ombre ; elle était désirable à lui faire rompre tous les serments. À travers ses paupières, il voyait sa gorge, il voyait ses épaules, ses flancs, ses pieds menus, et il lui prenait l’envie de la posséder encore, malgré tout.

Non, non, ce n’était pas lui, le passionné, le tendre, qui avait eu cette cruauté de vouloir la mort de son bonheur ; c’était l’autre, le déséquilibré, le fou, qui dénaturait toutes ses actions. Une fumée d’amour exaspérait sa chair ; comme les jours précédents, le vertige le prenait.

Dans l’après-midi, après quelques heures de repos, il alla à Versailles, où Sapho donnait des représentations. Il la trouva, assise dans sa petite loge tendue de soie japonaise. La cage de la panthère favorite donnait dans un angle de la pièce. De sorte que la dompteuse pouvait entrer directement auprès de Mirah à l’heure des représentations.