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SAPHO, DOMPTEUSE

« Ah ! se disait-il, ma vie est perdue irrémédiablement ! Je ne puis plus aimer selon ma conscience et mon cœur ; je suis le jouet de toutes les folies destructives. Jadis, avec Sapho, je me sentais une grande ardeur bienfaisante ; il me semblait que mon intelligence pourrait s’élever, concevoir d’utiles et belles œuvres. J’avais de l’ambition, je souhaitais me guérir pour faire du bien autour de moi, racheter mes anciennes erreurs. Puis, peu à peu, l’amour que j’avais cru avoir, et qui, sans doute, n’avait point atteint mon cœur, diminua et s’anéantit. Tout, à présent, me semble creux, vide, obscur, incapable même de charmer des fous… des fous ! »

Et Christian eut un rire amer qui le secoua douloureusement. Il lui venait, tout à coup, une frénésie de retourner vers Sapho pour fuir vers la vie, vers le bonheur, et des bras d’ombre essayaient de se fermer, de se nouer en étreinte autour de lui ; une bouche évanouie s’approchait de sa bouche pour un baiser de mort.

Bien qu’il fit au dehors un beau soleil, la chambre de Christian demeurait dans une demi-