Page:La Vaudère - Sapho, dompteuse, 1908.djvu/264

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
259
SAPHO, DOMPTEUSE

passaient devant ses yeux. Il revoyait Sapho dans le jardin de Ville-d’Avray, sous les bosquets de roses ; il la revoyait assise, le soir, sur la balustrade de marbre de la terrasse, et il s’attendrissait au souvenir de ses baisers, de ses caresses…

Certes, celle-là l’avait bien aimé, trop, peut-être, puisqu’il n’était attiré que par la griserie morbide du péché.

« Il me semble, pensait-il encore, que la folie étend sur moi ses voiles sombres ; mais je pourrai guérir puisque j’ai conscience du danger. D’ailleurs la démence peut aussi enfanter de grandes choses !… Les déments sont aptes à découvrir et à suivre les chemins détournés de la pensée que n’ont pas su reconnaître les intelligences les plus solides ; et, en jetant sur les choses une lumière vive, en faire remarquer des beautés nouvelles. Même ceux qui n’ont ni talent, ni génie ont une manière ingénieuse d’envisager la nature et d’utiliser ses ressources. Leurs actions, leurs pensées, leurs sentiments ne suivent pas la routine vulgaire ; ils montrent une vivacité de compréhension, une logique