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SAPHO, DOMPTEUSE

débauche. Coups de couteau et coups de revolver émaillent les faits divers des journaux. Les héros du meurtre ont leurs défenseurs et leurs romanciers ; des feuilles, bien pensantes, qui refuseraient la collaboration d’un écrivain de talent, donnent l’hospitalité la plus écossaise à la prose des criminels. On sait ce qu’ils mangent, ce qu’ils boivent, les propos « spirituels » qu’ils tiennent à leurs gardiens, leurs photographies s’étalent en bonne place dans les kiosques, raccrochant les passants ; si bien, que le seul moyen d’arriver, aujourd’hui, est de subtiliser quelques millions à ses amis ou d’assassiner son prochain.

Les exploits les plus sauvages sont ceux qui rapportent le plus. L’apache éveille chez le bon bourgeois une sorte de sentimentalisme à rebours ; l’intérêt et la curiosité des petites femmes nerveuses vont aux bas-fonds les plus fangeux, à toutes les sentines du vice.

Aux lois de pardon et de sursis d’une société décadente, aux libérations, à la réduction des peines d’une justice incohérente s’ajoutent les bienfaits de la réclame à outrance, la triste glo-