Page:La Vaudère - Sapho, dompteuse, 1908.djvu/161

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
156
SAPHO, DOMPTEUSE

— Ah ! dit Faustine, si tu voyais la misère de l’installation, tu aurais pitié ! Une toile grossière, appuyée sur des pieux, qui la trouent de tous côtés, avec de pauvres diables de lions affamés qui pourraient bien, pour se dédommager de leur jeûne, avaler le dompteur !… Martial a dû vendre ses ours blancs et ses tigres royaux qui s’énervaient dans leurs réduits étroits, mal entretenus, faute de personnel.

— Reviens bien vite ! supplia la petite Miette en se roulant dans l’herbe comme un jeune chat. Nous nous ennuyons tant quand tu n’es pas là !

— Les frais sont lourds, ajouta Malaga, la jongleuse : la nourriture des bêtes coûte fort cher, et Melcy, même, ne peut plus attirer les spectateurs, en charmant les serpents, puisqu’elle a lâché les camarades pour faire du chic avec un nabab !

Sapho réfléchissait. Elle demanda anxieuse :

— Que me conseilles-tu, Faustine ? toi qui lis dans les âmes ?…

La pythonisse regardait Christian.

— Tu connaîtras encore de dures épreuves, ma belle amie !… Mais le travail et le succès