Page:Labiche, Delacour, Choler - Les Chemins de fer, 1867.djvu/18

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


papier, et tremblant de tacher ses jolis petits doigts avec tes ignobles plumes de fer…


Tapiou.

C’est pas à moi… C’est à l’administration.


Jules.

Je m’approche, comme l’ange du bordereau, et…


L’employé, appelant derrière son guichet.

M. de La Tabardière !


Tapiou, répétant.

M. de La Tabardière ! (A Jules.) Allez toujours.


Jules.

J’offre mes services… On refuse d’abord… J’insiste…


L’employé, derrière son guichet.

M. Beurré de Sainte-Magne !


Tapiou, répétant.

M. Beurré de Sainte-Magne ! (A Jules.) Allez toujours !


Jules.

Ah ! c’est embêtant de causer comme ça… (Reprenant.) J’insiste… On accepte… Nous nous asseyons à une table… tout près l’un de l’autre… nos genoux se touchent…


Tapiou.

Oh ! taisez-vous ! que vous allez troubler ma digestion !

Jules. — Alors je lui dis d’une voix musicale : Vos nom et prénoms ? — Adeline Cruchard. — Votre profession ? — Rentière. — Votre demeure ? — Rue Lafayette, 58. — Et le tour est fait ! Je pince l’adresse, le nom et le lendemain… (Avec force et regardant Tapiou). Ah çà ! mais pourquoi diable est-ce que je te raconte tout cela ?