Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/17

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vos œuvres complètes alors. — Vous vous moquez de moi, et vous ne seriez pas le seul si je vous écoutais. Est-ce que ces farces-là sont des œuvres ? Si je faisais mine de les prendre au sérieux, la grammaire et la syntaxe m’intenteraient un procès en dommages-intérêts pour viol ! — Vous les chiffonnez quelquefois, j’en conviens, mais toujours si drôlement qu’elles ne peuvent pas vous en garder rancune. D’ailleurs, c’est le droit des maîtres, et vous êtes un maître. — Pas un mot de plus ! … sortez, monsieur ! »

Je ne sortis pas. Je travaillai Labiche jusqu’à mon départ, et, au moment des adieux, à une dernière objurgation : « J’y consens, répondit-il de guerre lasse ; mais à condition que vous me présenterez au lecteur, et que vous assumerez sur votre tête la moitié de son indignation.

Voilà comment j’écris une préface pour les œuvres de Labiche, après avoir refusé à mon éditeur d’en écrire une pour les miennes ; et, pour qui connaît ma paresse naturelle, je donne là à Labiche une preuve irrécusable de mon admiration.

Encore un mot qui va le faire bondir ! et j’avoue que j’ai hésité à l’écrire ; mais aujourd’hui le diapason des formules laudatives a tellement monté, qu’il faut dire trop pour dire assez. Merveilleux, splendide, renversant, répondent à peine à l’excellent d’autrefois ; admiration n’est qu’un faible équivalent de haute estime.

Donc j’admire Labiche ; je le tiens pour un