Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/206

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Prunette, à part.

Il ne me voit pas. (Elle tousse.) Hum !…


Machavoine.

Ah ! c’est vous, mam’zelle Prunette ! (À part.) Quelle dommage qu’elle ne soit pas franche… C’est un beau brin (Haut.) Ousqu’on met le lard, ch’il vous plaît ?


Prunette.

Le lard ?… Vous avez faim ?


Machavoine.

Oui.


Prunette.

Attendez… je vais vous donner du poulet.


Machavoine, se levant.

Gardez-le, votre poulet… Je ne veux pas des poulets qu’on achète cent sous et qu’on fait payer dix francs.


Prunette.

Ah ! monsieur Machavoine… C’était pas pour les mettre dans ma poche… allez.


Machavoine.

Et là où donc c’que que vous les avez mis ? (À part.) Quel dommage ! un si beau brin !


Prunette.

Mais c’est pour les rafraîchissements de la soirée…


Machavoine.

Comment que vous dites ça ?


Prunette.

M. Chiffonnet… il est si drôle !… voulait donner des sirops tournés… Mais, moi, je ne veux pas que sa maison passe pour une cassine, alors j’ai gagné sur le poulet pour acheter des sirops.