Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 01.djvu/436

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Mais je doute qu’en un moment
Il me prouve facilement
Qu’il doit être un mari charmant !


César, à part

Elle est charmante, vraiment ;
Mais je doute qu’en un moment
Je lui prouve facilement
Que je suis un futur charmant !


Gélinotte, à part

Je lui plais, assurément,
Il m’aura suffi d’un moment
Pour lui prouver facilement
Que je suis un futur charmant !


Tourterot sort par la droite, et Gélinotte par la gauche.

Scène XII

Camille, César, Poupardin



César.

Pauvre père ! voyez pourtant, monsieur, où peut conduire la contagion du mauvais exemple et les égarements de l’amour paternel… M. Tourterot était, il y a deux ans à peine, l’homme le plus naïf dans ses habitudes, le plus classique dans son langage… son fils, au contraire était un étudiant aux manières débraillées, aux allures sans-gêne… Un beau jour, l’un a déteint sur l’autre… Oui, monsieur, je dois l’avouer… mon père est aujourd’hui une sorte de miroir qui reflète, à ma honte, tout le décousu de ma vie passée… Pardonnez-lui, je suis le seul coupable… (Souriant.) Et c’est moi qui l’ai perdu !