Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 02.djvu/399

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Ratinois.

Parce que, dans votre position… un homme qui a voiture, loge aux Italiens et un chasseur !


Malingear.

Mais vous avez aussi une voiture, une loge aux Italiens, et un nègre… ce qui est plus cher !


Ratinois.

Moi, moi !… Ce n’est pas la même chose !


Malingear.

Pourquoi ?… À moins que vous n’affichiez un luxe au-dessus de votre position ?…


Ratinois.

Du tout ! Elle est superbe, ma position !… Elle est magnifique, ma position !


Malingear.

Eh bien, il est de toute justice que nous donnions autant l’un que l’autre… Chacun deux cent mille francs… (À part.) J’ai vingt-deux mille livres de rente, il m’en restera douze.


Ratinois, à part.

Saprelotte ! j’ai dix-sept mille livres de rente, il ne m’en restera que sept ! C’est impossible !


Malingear.

Vous hésitez… pour une misérable question d’argent ?


Ratinois.

Je n’hésite pas ! Cent mille francs de plus ou de moins… qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse ? J’offre trois cent mille francs ! Voilà comme j’hésite !


Malingear, étonné.

Hein !… trois cents ?…