Page:Labiche - Théâtre complet, Calman-Lévy, 1898, volume 03.djvu/303

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Dardenbœuf.

Oh ! c’est inutile… M. votre père a eu l’obligeance de m’en donner la note détaillée…


Isménie.

Comment ?


Dardenbœuf, souriant.

Oui, maussade, bavarde, dépensière, acariâtre…


Isménie.

Par exemple !… mais ce n’est pas vrai, monsieur !… ce n’est pas vrai !


Dardenbœuf.

Soyez donc tranquille… je connais assez la botanique pour distinguer une rose… d’un chardon.


Isménie, le remerciant.

Ah ! monsieur !


Dardenbœuf, triomphant, à part.

Je ne crois pas qu’on l’ait lu dans l’almanach, celui-là.


Isménie.

Ainsi vous n’avez pas cru… ?


Dardenbœuf.

Moi, mademoiselle ?… J’ai cru que vous étiez belle, douce, charmante.


Isménie, avec reconnaissance.

Merci ! monsieur Eusèbe, merci !


Dardenbœuf, à part.

Elle m’appelle Eusèbe !… Cristi… j’ai des pétards dans les veines ! (Haut, avec passion.) Mademoiselle… non !… ce n’est pas du feu… non ! ce n’est pas de la lave !… non, ce n’est pas… permettez !… voilà ce que c’est…

Il lui embrasse la main à plusieurs reprises.