Page:Lacuzon - Éternité, 1902.djvu/75

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O nature, ô nature, implacable et sereine.
Qui réclamant la mort sans relâche à la vie,
Soulève contre toi toute la race humaine
Contrainte à t’obéir mais non pas asservie,

Si tu veux que le bien s’accomplisse à ta gloire,
N’enchante pas d’un songe inondé de clartés
L’attente de ceux-là qui s’en vont au déboire,
N’annonce pas l’espoir à tes déshérités !

Car ils s’en meurtriraient, bravant tes fins contraires,
Jusqu’au jour où vaincus, mais de rage exaltés,
Leurs bras qui suppliaient frapperaient sur leurs frères.
Pour répondre au hasard à tes iniquités !

Car ton bonheur recule à l’effort d’y prétendre,
Alais lui, le mal n’est autre, et n’a jamais été
Qu’un aspect monstrueux de l’amour indompté,
Par ton leurre implacable exaspéré d’attendre !