Page:Lamairesse - L’Empire chinois, le Bouddhisme en Chine et au Thibet.djvu/14

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les fleurs sout la passion dominante ; la Chine s’appelle elle-même l’Empire fleuri. — Le reste est donné aux sensations épicuriennes, le bon vin, les femmes aimables, les plaisirs modérés, quelques scènes de la vie intime ; voir « la Chine familière et galante » de M. Jules Arène.

Dans les réunions amicales et de plaisir et dans les festins, on échange des vers comme intermède entre d’autres distractions. On peut se faire une idée exacte de la poésie chinoise et de l’usage qu’on fait des vers par le livre de M. Emile Blémont : « les poèmes de la Chine.

Aux yeux des Chinois, la littérature et les arts sont un passe-temps pour des oisifs et on ne doit savoir gré à personne de s’y livrer. Ils ne sont nullement curieux des étrangers ni de leurs œuvres. Leur théâtre renferme quelques comédies amusantes, et des pièces dramatiques ou féeriques curieuses, mais les caractères sont trop souvent noyés dans la multiplicité des événements tels que les bastonades, les supplices, les aventures de brigands, l’intervention de tous les personnages religieux, hommes, dieux, esprits ou spectres. Il n’est fait aucune allusion à la politique, ni aux mandarins ou lettrés.

4. Théâtre.

La mise en scène est d’une grossièreté primitive^^1.

Le théâtre représente un mur avec deux portes, l’une à droite, l’autre à gauche, entre lesquelles se place l’orchestre composé d’un violon aigu joué en trémolo, de petites tymbales de bois au son assourdissant, d’une longue flûte, d’une trompette de verre et de deux symbales gigantesques.

Les toiles du fond sont remplacées par de la littérature en vers de quatre pieds. « J’entre dans un jardin, » dit un acteur en descendant la scène, « je m’assied sur un rocher noir à l’ombre d’un prunier en fleurs ; le ciel est pur^^2. »

1 Les détails qui suivent sont empruntés à une conférence de M. Guimet sur le théâtre en Chine et au Japon.

2 On trouve les mêmes procédés dans le théâtre indien, ainsi qu’on peut le voir dans les pièces indiennes traduites en français notamment dans Sakountala de Kalidasa. Cela est la