Page:Lamare - Histoire de la ville de Saint-Brieuc.djvu/86

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


jour que de nuict, dans le clocher de St-Michel, et ce depuis le huictiesme jour de mars jucqu’au dernier jour de juillet au dict an » — et ouvrir la deuxième partie, en ajoutant : « le dernier jour juillet du dict an mil cinq cens quattre vingtz douze que le sieur de St Laurens, maréchal de camp de l’armée de Monseigneur le duc de Mercœur, arriva audit St Brieu avec ses troppes » ?

Ce M. de Saint-Laurens, dit Avaugour, demande des pionniers et « trante trois fustz de pippes » pour servir de gabions devant la tour, des chevaux pour traîner le canon ; on travaille, près de Saint-Michel, pour abattre des murs et des fossés et dresser un champ de bataille ; on voit s’installer des corps de garde dans la grande église et au logis du général. Celui-ci, en homme prudent, pour éviter, dit-il, les réquisitions de ses soldats, ordonne aux bourgeois de faire « ung magazin de trante pippes vin, bon et net, pour fournir l’armée d’icelluy sieur et euitter la grande foulle et oppression du pauure peuple de la dicte ville, que les soldatz contragnoint journellement leur en fournir. »

Cette occupation de Saint-Brieuc par les ligueurs amena le départ d’un certain nombre d’habitants et de la Cour royale, qui alla s’établir provisoirement à Guingamp[1].

René de Rieux, marquis de Sourdéac, qui commandait pour le roi en Basse-Bretagne, ayant rassemblé ce qu’il put trouver de troupes, vint livrer bataille au chef ligueur devant Saint-Brieuc, près de la Corderie, le samedi, 8 août 1592, resta vainqueur et fit son ennemi prisonnier. « Le dit sieur de Saint-Laurens, dit Dumatz dans ses Mémoires, fut pris prisonnier de la main du boureau des lansquenets qui luy saisit la bride de son cheval, plusieurs gentils-hommes furent aussi pris prisonniers, l’infanterie fut malmenée et ce qui se peut sauver se jetta dans l’église dudit Saint-Brieu, là où ils furent pris par composition. »

Le lendemain, en effet, Sourdéac exigea « trois barres

  1. Notions historiques, p. 311.