Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 1.djvu/139

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
137
POÉTIQUES.


« Ta pensée a franchi l’espace,
Tes calculs précèdent les temps,
La foudre cède à ton audace,
Les cieux roulent tes chars flottants ;
Comme un feu que tout alimente,
Ta raison, sans cesse croissante,
S’étendra sur l’immensité ;
Et ta puissance, qu’elle assure,
N’aura de terme et de mesure
Que l’espace et l’éternité.

Heureux nos fils ! heureux cet âge
Qui, fécondé par nos leçons,
Viendra recueillir l’héritage
Des dogmes que nous lui laissons !
Pourquoi les jalouses années
Bornent-elles nos destinées
À de si rapides instants ?
Ô loi trop injuste et trop dure !
Pour triompher de la nature
Que nous a-t-il manqué ? Le temps. »

Eh bien ! le temps sur vos poussières
À peine encore a fait un pas.
Sortez, ô mânes de nos pères,
Sortez de la nuit du trépas !
Venez contempler votre ouvrage ;
Venez partager de cet âge
La gloire et la félicité !
Ô race en promesses féconde,
Paraissez ! Bienfaiteurs du monde,
Voila votre postérité !