Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 1.djvu/213

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
211
MÉDITATIONS POÉTIQUES.

à M. de Bonald, qui fut bon, indulgent, comme il était toujours, et qui m’adressa l’édition complète de ses œuvres. Je les lus avec cet élan de la poésie vers le passé, et avec cette piété du cœur pour les ruines, qui se change si facilement en dogme et en système dans l’imagination des enfants. Je m’efforçai de croire pendant quelques mois aux gouvernements révélés, sur la foi de M. de Châteaubriand et de M. de Bonald. Puis le courant du temps et de la raison humaine m’arracha, comme tout le monde, à ces douces illusions ; et je compris que Dieu ne révélait à l’homme que ses instincts sociaux, et que les natures diverses des gouvernements étaient la révélation de l’âge, des situations, du siècle, des vices ou des vertus de l’espèce humaine.