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MÉDITATIONS

Est une nuit sans nuage
Prête à recevoir le jour ;
Ta bouche, qui va sourire,
Est l’onde qui se retire
Au souffle errant du zéphyr,
Et, sur ces bords qu’elle quitte,
Laisse au regard qu’elle invite
Compter les perles d’Ophir.

Tes deux mains sont deux corbeilles
Qui laissent passer le jour ;
Tes doigts, de roses vermeilles
En couronnent le contour.
Sur le gazon qui l’embrasse
Ton pied se pose, et la grâce,
Comme un divin instrument,
Aux sons égaux d’une lyre
Semble accorder et conduire
Ton plus léger mouvement.






Pourquoi de tes regards percer ainsi mon âme ?
Baisse, oh ! baisse tes yeux pleins d’une chaste flamme :

Baisse-les, ou je meurs.

Viens plutôt, lève-toi ! Mets ta main dans la mienne ;
Que mon bras arrondi t’entoure et te soutienne

Sur ces tapis de fleurs.