Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 1.djvu/538

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
536
MÉDITATIONS POÉTIQUES.


Les vieillards ont éteint le feu des sacrifices ;
Les enfants laisseront vaciller son flambeau ;
Les vierges ont pleuré le froid de leurs cilices :
Comment parer l’autel de ces fleurs du tombeau ?

Voilà pourquoi les fleurs, ces prières écloses
Dont Dieu lui-même emplit les corolles de miel,
Pures comme ces lis, chastes comme ces roses,
Semblent prier pour nous dans ces maisons du ciel.

Quand l’homme a déposé sur les degrés du temple
Ce faisceau de parfum, ce symbole d’honneur,
Dans un muet espoir son regard le contemple ;
Il croit ce don du ciel acceptable au Seigneur.

Il regarde la fleur dans l’urne déposée
Exhaler lentement son âme au pied des dieux,
Et la brise qui boit ses gouttes de rosée
Lui paraît une main qui vient sécher ses yeux.