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IX


UNE FLEUR




MÉLODIE





 
Cette fleur est pour moi la date d’une année
Que le fleuve du temps a noyée en son cours ;
Vingt fois la même fleur s’est rouverte et fanée
Depuis… Mais celle-là me fait rêver toujours.

C’était un de ces jours que jamais on n’oublie,
Jour de bonheur suprême, hélas ! sans lendemain.
Celle que j’adorais, et qui l’avait cueillie,
Quand le soir fut venu l’effeuilla dans ma main.