Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/213

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Nous nous assîmes par terre en cercle, et je commençai ainsi :

« Que préférez-vous ? l’esclavage ou la liberté ? — La liberté sans doute !

» L’union ou la discorde ? — L’union !

» La grandeur ou l’abaissement ? — La grandeur !

» La pauvreté ou la richesse ? — La richesse !

» La défaite ou la victoire ? — La victoire !

» Le bien ou le mal ? — Le bien !

» Tous ces avantages, nous cherchons à vous les assurer ; nous voulons vous affranchir de l’esclavage des Wahabis et de la tyrannie des Osmanlis, en nous réunissant tous, afin de nous rendre forts et libres. Pourquoi vous y refusez-vous ? » Il me répondit : « Ce que vous dites est plausible, mais nous ne serons jamais assez forts pour résister à Ebn-Sihoud ! — Ebn-Sihoud est un homme comme vous, lui dis-je. De plus, c’est un tyran, et Dieu ne favorise pas les oppresseurs. Ce n’est pas le nombre, mais l’intelligence, qui fait la supériorité ; ce n’est pas le sabre qui tranche la tête, mais la volonté qui le dirige. » Notre conférence dura encore longtemps ; mais je finis par le convaincre, et par lui persuader de m’accompagner chez le drayhy, qui fut fort content de l’issue de ma négociation.