Page:Lamartine - Œuvres complètes de Lamartine, tome 8.djvu/26

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les spahis et Milosch : il représente à Curchid que Milosch est venu au camp sur la foi de sa parole ; qu’il s’est engagé par serment à l’en faire sortir sain et sauf ; qu’il mourra plutôt que de souffrir qu’on porte atteinte à la liberté de l’homme auquel il a dû la vie. La fermeté d’Ali-Pacha impose au vizir et à ses soldats ; il reconduit Milosch hors du camp. « Milosch, lui dit-il en le quittant, puissiez-vous désormais ne vous fier à personne, pas même à vous ! Nous avons été amis ; nous nous séparons aujourd’hui, et pour toujours. » Milosch s’éloigna. Des négociations ouvertes avec Maraschli-Ali-Pacha furent plus heureuses : les armes furent accordées. Des députés serviens allèrent à Constantinople, et revinrent, au bout d’un mois, porteurs d’un firman de paix conçu en ces termes : « De même que Dieu a confié ses sujets au sultan, de même le sultan les confie à son pacha. » Le pacha rentra dans Belgrade, et les chefs serviens vinrent faire leur soumission par l’entremise de Milosch. Les forteresses restaient entre les mains des Turcs ; les Serviens s’imposaient eux-mêmes ; l’administration était partagée entre les deux partis : un sénat national se rendait à Belgrade auprès du pacha ; Ali, aimé des Serviens, remplaçait à Belgrade Soliman-Pacha, leur ennemi, qui fut rappelé par le Grand Seigneur. Un tel état de choses ne pouvait durer ; les collisions étaient inévitables. Milosch, toujours chef de sa nation, demeurait à Belgrade auprès d’Ali-Pacha comme une sentinelle vigilante, toujours prêt à donner à son peuple le signal de la résistance ou de l’attaque.

Ali chercha à obtenir par l’adresse le désarmement qu’il n’avait pu obtenir par la force : il s’adressa à Milosch, en